La thérapie EMDR s’organise en huit phases structurées : prise d’histoire, préparation, évaluation, désensibilisation, installation, body scan, clôture, et réévaluation. Le nombre de séances par phase varie selon chaque consultant. La durée totale varie selon la complexité du trauma et le rythme du système nerveux de chaque consultant, sans calendrier fixe imposé.
Actions immédiates lors d’une première prise en charge :
- Recueillir l’anamnèse ciblée et identifier les cibles prioritaires
- Évaluer la stabilité clinique (risque suicidaire, médication, support social)
- Obtenir le consentement éclairé et expliquer le protocole
- Installer au moins une ressource interne (lieu sûr, ancrage somatique)
- Planifier la fréquence des séances selon la capacité d’intégration du consultant
Conseil de pro : Ne démarrez jamais le retraitement avant que le consultant puisse activer ses ressources de façon autonome. C’est le critère clinique le plus souvent négligé en début de pratique.
Table des matières
- Quelles sont les phases cliniques d’une séance EMDR-M ?
- Comment construire l’évaluation et la préparation avant le retraitement ?
- Comment doser la désensibilisation et le retraitement en EMDR-M ?
- Comment assurer l’installation, le body scan et la clôture de séance ?
- Comment planifier la durée et la fréquence d’un accompagnement EMDR-M ?
- Quand faut-il orienter ou travailler en interdisciplinarité ?
- Quel parcours de formation pour devenir praticien EMDR-M en France ?
- Vignette clinique : une séance type pour un trauma unique
- Points clés
- Ce que l’on sous-estime souvent dans la pratique EMDR-M
- Votre prochain pas vers la pratique EMDR-M
- Ressources et références utiles pour approfondir en France
- Questions fréquentes
Quelles sont les phases cliniques d’une séance EMDR-M ?
Une séance EMDR dure généralement entre 60 et 90 minutes. Voici le déroulé type :
- Accueil et ancrage : vérifier l’état émotionnel du consultant, rappeler les ressources disponibles
- Activation de la cible : image, cognition négative, émotion, sensation corporelle et score SUD (Subjective Units of Disturbance)
- Séries de stimulation bilatérale : 3 à 5 séries par bloc, avec vérification du SUD après chaque série
- Vérification de la cognition positive : score VOC (Validity of Cognition) et installation si SUD ≤ 1
- Body scan : parcourir mentalement le corps pour détecter des résidus de tension
- Clôture : stabilisation, consignes de suivi, retour à un état de base sécurisé
La thérapie EMDR s’organise en huit phases structurées, dont le nombre de séances par phase varie selon chaque consultant.
Checklist de fin de séance :
- SUD ≤ 1 ou séance fermée proprement avec technique de stabilisation
- Consignes données : noter rêves, émotions et signes de réactivation entre les séances
- Ressource de régulation rappelée et accessible en autonomie
- Notes cliniques rédigées avant la séance suivante
Conseil de pro : Si la séance ne peut pas se clore avec un SUD à 0, utilisez le protocole de fermeture du coffre-fort ou du conteneur. Ne laissez jamais un consultant repartir en état de suractivation.
Comment construire l’évaluation et la préparation avant le retraitement ?
La phase de préparation représente souvent 2 à 4 séances avant d’entamer le retraitement. Ce temps n’est pas du remplissage : c’est ce qui détermine la sécurité de toute la suite.
Étapes d’anamnèse utiles :
- Recueil ciblé des événements marquants et construction d’une ligne du temps
- Repérage des cibles prioritaires (souvenir le plus perturbant, croyances négatives associées)
- Évaluation de la stabilité clinique : sommeil, alimentation, réseau de soutien, médication
Techniques de préparation à installer :
- Lieu sûr ou espace de ressource intérieure, activable entre les séances
- Régulations somatiques : respiration abdominale, ancrage par les cinq sens
- Exercices à pratiquer à domicile pour renforcer la fenêtre de tolérance
La préparation solide réduit le risque de dissociation et permet au consultant d’activer ses ressources en autonomie entre les séances. Une phase 2 bâclée compromet l’ensemble du processus de retraitement.
Signes rouges exigeant stabilisation ou renvoi :
- Idéations suicidaires actives ou automutilation récente
- Psychose non stabilisée ou dissociation sévère non traitée
- Absence totale de réseau de soutien et précarité sociale aiguë
Conseil de pro : Avant chaque séance de retraitement, posez systématiquement la question : « Sur 10, comment évaluez-vous votre capacité à traverser quelque chose de difficile aujourd’hui ? » Une réponse inférieure à 6 est un signal pour rester en phase de préparation.

Comment doser la désensibilisation et le retraitement en EMDR-M ?
La stimulation bilatérale alternée est le cœur du protocole. Plus de 30 essais cliniques contrôlés valident son efficacité, même si le mécanisme neurobiologique précis reste discuté.
Modalités de stimulation et critères de choix :
- Mouvements oculaires : modalité de référence, efficace pour la majorité des consultants
- Tapotements bilatéraux (genoux ou épaules) : utile si le consultant ne supporte pas les mouvements oculaires
- Stimulation auditive alternée : option pour les consultants ayant des difficultés de fixation visuelle
Dosage pratique :
- Démarrer avec des séries courtes (20–30 allers-retours) pour évaluer la tolérance
- Vérifier le SUD après chaque série et noter l’évolution du matériel
- Augmenter progressivement la longueur des séries si le consultant traite bien
- Interrompre si le SUD ne baisse plus ou si des signes de surcharge apparaissent
3 à 5 séances suffisent souvent pour désensibiliser un souvenir ciblé, mais la complexité du trauma allonge significativement ce processus.
Signes de danger ou de retraumatisation :
- Dissociation soudaine, regard vide, absence de contact
- Montée brutale du SUD sans retour à la fenêtre de tolérance
- Agitation physique intense ou coupure émotionnelle totale
Conseil de pro : Lorsque le SUD stagne à 3 ou 4 séances consécutives, ne forcez pas. Revenez en phase de préparation, explorez les blocages cognitifs ou les canaux non traités avant de reprendre.
Comment assurer l’installation, le body scan et la clôture de séance ?
Une fois le SUD à 0 ou 1, l’installation de la cognition positive commence. La procédure est précise.
Procédure d’installation :
- Proposer la cognition positive choisie en phase d’évaluation
- Vérifier le score VOC (1 à 7) : viser 6 ou 7 avant de clore
- Associer la cognition positive au souvenir original avec stimulation bilatérale courte
Body scan :
- Inviter le consultant à parcourir mentalement son corps de la tête aux pieds
- Si une sensation persiste, relancer une série courte de stimulation bilatérale
- Répéter jusqu’à neutralité corporelle complète
Plan post-séance :
- Rappeler les consignes de suivi : noter rêves, images, émotions dans un journal de bord
- Réactiver mentalement la ressource interne (lieu sûr) avant de quitter la séance
- Prévoir un temps de décompression après la séance, surtout pour les premières séances de retraitement
Conseil de pro : Le journal de bord entre les séances n’est pas optionnel. Les consultants qui le tiennent régulièrement progressent plus vite et fournissent un matériel clinique précieux pour la séance suivante.
Comment planifier la durée et la fréquence d’un accompagnement EMDR-M ?
La durée du traitement s’adapte à la capacité du système nerveux du consultant. Il n’existe pas de calendrier fixe.
| Type de trauma | Fréquence recommandée | Durée estimée |
|---|---|---|
| Trauma simple (événement unique) | Hebdomadaire | 8–15 séances |
| Trauma complexe (répété, précoce) | Toutes les 2–3 semaines | 20 séances ou plus |
| Accompagnement de stabilisation | Mensuelle | Variable selon évolution |
Repères pratiques pour personnaliser le plan :
- Réévaluer le plan toutes les 4 à 6 séances selon la réponse clinique
- Espacer les séances si le consultant a besoin de plus de temps d’intégration
- Prévoir des séances de soutien sans retraitement lors des périodes de crise
Quand faut-il orienter ou travailler en interdisciplinarité ?
Certaines situations dépassent le cadre de l’EMDR-M seul. Reconnaître ces limites est une compétence clinique à part entière.
Contre-indications relatives et absolues :
- Psychose active ou épisode maniaque non stabilisé
- Trouble dissociatif de l’identité non évalué par un spécialiste
- Grossesse à risque (selon avis médical)
- Instabilité suicidaire ou passage à l’acte récent
Points d’éthique incontournables :
- Consentement éclairé écrit, renouvelé si le protocole évolue
- Traçabilité des séances : notes cliniques datées, scores SUD/VOC consignés
- Respect des limites de compétence : ne pas traiter ce pour quoi on n’est pas formé
Coordination interdisciplinaire :
- Informer le médecin traitant ou le psychiatre si une médication est en cours
- Contacter les services d’urgence psychiatrique si un risque vital est identifié
- Travailler en co-suivi avec un psychiatre pour les troubles dissociatifs complexes
Conseil de pro : Gardez toujours les coordonnées d’un psychiatre de référence dans votre réseau. La capacité à orienter rapidement est une marque de maturité clinique, pas un aveu d’échec.
Quel parcours de formation pour devenir praticien EMDR-M en France ?
Le parcours Praticien en EMDR-M combine modules théoriques, ateliers pratiques et supervision clinique. Voici les repères essentiels pour choisir une formation sérieuse.
Composantes d’un parcours solide :
- Modules théoriques : neurobiologie du trauma, protocoles EMDR, psychopathologie
- Ateliers pratiques en présentiel ou visioconférence avec jeux de rôle et cas cliniques
- Heures de pratique supervisée avec des consultants réels
- Supervision régulière, individuelle ou en groupe, tout au long de la formation
| Critère | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|
| Certification Qualiopi | Garantit la qualité pédagogique et ouvre les droits à financement |
| Format hybride | Combine e-learning, visio et stages en présentiel |
| Supervision incluse | Nombre de séances de supervision prévues dans le parcours |
| Cas pratiques | Études de cas réelles intégrées à la formation |
La formation initiale en EMDR-M doit inclure une supervision régulière pour que les apprentissages s’ancrent réellement dans la pratique clinique.
Conseil de pro : Méfiez-vous des formations sans supervision incluse. La supervision n’est pas un bonus : c’est le mécanisme qui transforme la théorie en compétence clinique réelle.
Vignette clinique : une séance type pour un trauma unique
Présentation : consultant de 38 ans, souvenir traumatique unique lié à un accident de voiture survenu deux ans auparavant. Cauchemars récurrents, évitement des routes. Stabilité clinique confirmée, ressources installées en phase 2.
Déroulé de la séance :
- 0–10 min : accueil, vérification de l’état émotionnel, réactivation du lieu sûr
- 10–20 min : activation de la cible (image de l’impact, cognition négative « je suis impuissant », SUD initial à 7)
- 20–50 min : trois blocs de stimulation bilatérale (mouvements oculaires), SUD descend à 7 → 4 → 2 → 0
- 50–60 min : installation de la cognition positive « je peux faire face », VOC à 6, body scan neutre, clôture
Points de supervision à noter :
- Le consultant a présenté une résistance au bloc 2 : explorer les canaux cognitifs bloquants en supervision
- La cognition positive a nécessité un ajustement en séance : noter pour la réévaluation suivante
Conseil de pro : Après chaque séance de retraitement, prenez cinq minutes pour noter vos propres résonances cliniques. Ce matériel est précieux en supervision et protège contre l’usure par empathie.
Points clés
Un accompagnement EMDR-M efficace repose sur huit phases ordonnées : prise d’histoire, préparation, évaluation, désensibilisation, installation, body scan, clôture et réévaluation. Le rythme est personnalisé au système nerveux du consultant, et une supervision clinique régulière s’impose tout au long du parcours.

| Point | Détails |
|---|---|
| Phases cliniques ordonnées | Prise d’histoire → préparation → évaluation → désensibilisation → installation → body scan → clôture → réévaluation |
| Préparation avant retraitement | Prévoir 2 à 4 séances pour stabiliser et installer les ressources internes |
| Durée personnalisée | 3 à 5 séances par cible pour un trauma simple ; bien plus pour un trauma complexe |
| Supervision obligatoire | La supervision transforme la théorie en compétence clinique ; elle ne s’improvise pas |
| Resonantia-formations | Propose le parcours Praticien en EMDR-M en format hybride certifié Qualiopi |
Ce que l’on sous-estime souvent dans la pratique EMDR-M
La plupart des erreurs en début de pratique ne viennent pas d’un mauvais protocole. Elles viennent d’une phase de préparation trop courte, d’une supervision trop espacée, et d’une tendance à vouloir avancer vite parce que le consultant semble « prêt ».
Ce que j’observe régulièrement : des praticiens débutants qui confondent la coopération du consultant avec sa capacité réelle à intégrer le retraitement. Un consultant motivé et volontaire peut tout de même se retrouver en état de surcharge si ses ressources internes ne sont pas suffisamment ancrées. La phase 2 n’est pas une formalité administrative. C’est le socle sur lequel tout repose.
L’autre piège fréquent concerne la clôture de séance. Terminer une séance avec un SUD à 3 « parce que le temps manque » est une erreur qui peut générer des semaines de déstabilisation. Mieux vaut ne pas ouvrir une cible que de la laisser ouverte. Planifiez vos séances avec une marge de 15 minutes pour la clôture, sans exception.
Enfin, la supervision n’est pas réservée aux débutants. Les praticiens expérimentés qui maintiennent une supervision régulière font de meilleurs accompagnements, point. C’est une donnée clinique, pas une opinion. Intégrez-la dans votre budget et votre agenda dès le premier jour de pratique.
Votre prochain pas vers la pratique EMDR-M
Resonantia-formations propose depuis 2018 un parcours Praticien en EMDR-M en format hybride, conçu pour les thérapeutes et professionnels en reconversion qui veulent une formation structurée, ancrée dans la pratique clinique réelle. Le parcours combine e-learning, visioconférences, stages en présentiel et supervision intégrée, avec la certification Qualiopi qui ouvre les droits aux financements professionnels.
Ce qui distingue ce parcours : les cas pratiques et études de cas sont au cœur de chaque module, pas en option. Vous apprenez à appliquer le protocole dans des situations cliniques variées, avec un suivi pédagogique tout au long de la formation. Pour les professionnels souhaitant planifier leur parcours de formation, Resonantia-formations propose également un appel d’orientation gratuit pour identifier le format le plus adapté à votre situation.
Consultez la page du parcours Praticien en EMDR-M pour découvrir le programme complet et réserver votre appel d’orientation.
Ressources et références utiles pour approfondir en France
- EMDR France : déroulement d’une psychothérapie EMDR : référence institutionnelle française sur les phases cliniques et la durée des séances
- Les phases de la thérapie EMDR : rappel clinique sur la personnalisation du rythme et l’absence de calendrier fixe
- Introduction à la thérapie EMDR-M : guide pédagogique de Resonantia-formations pour comprendre les fondements de l’approche
- Conseils pour devenir praticien EMDR-M : repères pratiques pour s’orienter vers la pratique professionnelle en France
Toutes les informations de cet article sont à titre général et informatif. Pour votre situation clinique spécifique, consultez un superviseur qualifié ou un professionnel de santé mentale agréé.
Questions fréquentes
Combien de séances faut-il pour un accompagnement EMDR-M ?
Pour un trauma simple, plusieurs séances de retraitement suffisent souvent par cible, auxquelles s’ajoutent plusieurs séances de préparation. Un trauma complexe peut nécessiter un nombre significativement plus élevé de séances.
Quelle est la durée d’une séance EMDR-M ?
Une séance dure généralement entre 60 et 90 minutes, selon le protocole et le profil du consultant.
La supervision est-elle obligatoire pour pratiquer l’EMDR-M ?
La supervision n’est pas légalement obligatoire en France, mais elle est cliniquement indispensable : elle garantit la qualité de la pratique et protège le praticien comme le consultant.
Comment choisir une formation EMDR-M certifiante en France ?
Privilégiez une formation certifiée Qualiopi, incluant des ateliers pratiques, des cas cliniques réels et une supervision intégrée. Resonantia-formations propose ce type de parcours en format hybride.
Quelles sont les contre-indications à l’EMDR-M ?
Les principales contre-indications sont la psychose active non stabilisée, les troubles dissociatifs sévères non évalués et l’instabilité suicidaire. Une évaluation clinique rigoureuse en phase 1 est indispensable avant tout retraitement.