La démarche réflexive en thérapie est la capacité du praticien à observer et analyser ses propres pratiques, son fonctionnement psychique — contre-transfert inclus — et ses interactions avec le patient, afin de transformer l’expérience clinique en savoir professionnel transmissible. Elle repose sur deux mouvements complémentaires : la réflexion en action, qui se produit pendant la séance, et la réflexion sur l’action, qui s’exerce après coup à l’aide d’outils structurés.
Trois bénéfices cliniques ressortent de manière constante dans la littérature francophone :
- Renforcement de l’alliance thérapeutique : une meilleure conscience de soi favorise une présence plus ajustée et une écoute moins filtrée par les projections du thérapeute.
- Objectivation des savoirs tacites : la réflexivité permet de nommer et transférer des compétences implicites que l’on exerce sans en avoir conscience.
- Construction d’une identité professionnelle éthique : en questionnant régulièrement ses actes et ses valeurs, le praticien consolide une posture clinique cohérente et durable.
En une phrase : la réflexivité en thérapie est le processus par lequel un praticien examine consciemment sa propre pratique pour en améliorer la qualité et la cohérence éthique.
Table des matières
- Pourquoi la réflexivité est-elle indispensable à votre pratique clinique ?
- Quels concepts faut-il maîtriser pour pratiquer la réflexivité ?
- Comment pratiquer la démarche réflexive, étape par étape ?
- Comment la démarche réflexive se manifeste-t-elle en séance ?
- Quels outils et lectures pour approfondir votre pratique réflexive ?
- Comment se former à la réflexivité clinique en France ?
- Points clés
- Ce que l’on sous-estime souvent dans la pratique réflexive
- Resonantia-formations : des formations pour ancrer la réflexivité dans votre pratique
- Sources et lectures utiles
- Questions fréquentes
Pourquoi la réflexivité est-elle indispensable à votre pratique clinique ?
La recherche en psychothérapie systémique montre que des entretiens réflexifs systématiques peuvent renforcer l’alliance thérapeutique en offrant une meilleure compréhension mutuelle entre thérapeutes et familles. Ce n’est pas un effet secondaire agréable : c’est un levier direct sur l’efficacité du soin.
Trois effets cliniques se dégagent de façon régulière. D’abord, une meilleure adaptation des interventions : le thérapeute qui s’observe en temps réel ajuste son registre verbal et non verbal bien plus finement qu’un praticien qui fonctionne en pilote automatique. Ensuite, une réduction des impasses relationnelles, parce que la réflexivité permet d’identifier tôt les dynamiques de contre-transfert avant qu’elles ne figent la relation. Enfin, un développement continu des compétences, y compris celles que l’on ne saurait pas nommer sans ce regard intérieur.
Une mise en garde s’impose cependant : sans outils structurés, la réflexion risque d’être biaisée par des idéaux projetés. Mesurer l’impact de sa propre réflexivité demande des dispositifs formalisés — grilles, entretiens semi-structurés, supervision régulière — et non une simple introspection informelle.
Conseil de pro : Notez systématiquement, dans les dix minutes qui suivent chaque séance, une seule observation sur votre propre fonctionnement plutôt que sur le patient. Cette discipline minimaliste amorce une réflexion sur l’action sans surcharger votre agenda.
Quels concepts faut-il maîtriser pour pratiquer la réflexivité ?
Réflexivité, réflexion-en-action et réflexion-sur-l’action
La réflexivité désigne la capacité générale à se prendre soi-même comme objet d’observation. Donald A. Schön, dans ses travaux fondateurs, distingue deux formes opérationnelles de cette capacité. La réflexion-en-action est une pensée en formation qui se produit pendant l’acte clinique : le thérapeute perçoit un signal inattendu et réoriente son intervention à la volée, sans interrompre le flux de la séance. La réflexion-sur-l’action est une analyse rétrospective, exercée après la séance, qui requiert des grilles et des dispositifs pour produire des savoirs transférables.
Michael Polanyi avait déjà posé les bases de cette distinction en parlant de « savoir tacite » — ce que le praticien sait faire sans pouvoir l’expliquer. La réflexivité est précisément le processus qui rend ce savoir visible.
| Dimension | Réflexion-en-action | Réflexion-sur-l’action |
|---|---|---|
| Moment | Pendant la séance | Après la séance |
| Nature | Intuitive, ajustement immédiat | Analytique, distanciation |
| Outils | Attention flottante, présence | Journal, grille, supervision |
| Résultat | Adaptation en temps réel | Savoir formalisé et transférable |
Contre-transfert et posture réflexive
Le contre-transfert désigne l’ensemble des réactions émotionnelles et psychiques du thérapeute envers son patient. Loin d’être un obstacle à neutraliser, il devient une ressource dès lors qu’il est reconnu et analysé. La posture réflexive est l’attitude qui rend cela possible : une disponibilité intérieure à s’observer sans se juger, à accueillir l’inconfort comme une information clinique plutôt que comme une menace.
Parmi les auteurs de référence incontournables : Donald A. Schön (théorie du praticien réflexif), Fabienne Kuenzli-Monard (application en psychothérapie), Karl Tomm (questionnement réflexif en thérapie familiale), et Philippe Perrenoud (transposition pédagogique en formation professionnelle).
Comment pratiquer la démarche réflexive, étape par étape ?
Un protocole en six étapes
- Préparation de la séance : relire les notes de la séance précédente, identifier une hypothèse clinique à tester et formuler une intention d’observation sur soi.
- Observation ciblée pendant la séance : choisir un seul foyer d’attention (ex. : vos réactions corporelles face aux silences du patient) plutôt que de vouloir tout observer.
- Journal réflexif immédiat : rédiger dans les dix minutes suivant la séance une entrée courte en répondant à quatre questions : Qu’ai-je fait ? Qu’ai-je ressenti ? Qu’aurais-je pu faire autrement ? Quelle hypothèse cela ouvre-t-il ?
- Entretien réflexif : organiser périodiquement un échange semi-structuré avec un collègue ou un superviseur pour mettre en mots ce que le journal n’a pas suffi à clarifier.
- Supervision individuelle ou de groupe : soumettre régulièrement une situation clinique à un regard extérieur formé, dans un cadre sécurisé où l’erreur est autorisée.
- Plan d’action : formuler une intention concrète pour la séance suivante, issue de l’analyse réflexive, et en évaluer l’effet lors du cycle suivant.
Six types de questions pour structurer votre réflexion
Le cadre de Karl Tomm distingue des questions qui ne se contentent pas de collecter de l’information : elles modifient la perception et constituent en elles-mêmes une intervention. Voici les six types à utiliser en séance et dans votre journal :
- Informatives : « Que s’est-il passé exactement à ce moment-là ? »
- Descriptives : « Comment décririez-vous votre état interne à cet instant ? »
- Réflexives : « Qu’est-ce que cette réaction vous dit sur votre rapport à ce type de situation ? »
- Métacognitives : « Quelle théorie implicite guidait votre intervention ? »
- Affectives : « Quelle émotion cherchiez-vous à éviter ou à provoquer ? »
- Conceptuelles : « Quel cadre théorique éclaire le mieux ce moment clinique ? »
Animer un groupe d’analyse de pratique
Un groupe d’analyse de pratique fonctionne sur des règles de sécurité relationnelle claires : confidentialité absolue, absence de jugement évaluatif, et rôle tournant du présentateur. Le présentateur expose une situation clinique sans la résoudre ; le groupe pose des questions réflexives sans donner de conseils directs. Cette discipline protège l’espace d’élaboration collective.
Conseil de pro : La co-thérapie est l’un des dispositifs réflexifs les plus puissants : elle permet d’expliciter en séance des divergences de lecture clinique, transformant un espace privé en lieu d’élaboration partagée. Si vous avez accès à un collègue de confiance, une séance co-animée par mois suffit à relancer une réflexivité qui s’était endormie.
Comment la démarche réflexive se manifeste-t-elle en séance ?
Vignette 1 : réflexion-en-action face à un silence pesant
Un thérapeute accompagne depuis six semaines un patient présentant une anxiété sociale marquée. En milieu de séance, le patient se tait brusquement après avoir évoqué une humiliation au travail. Le thérapeute ressent une impulsion à combler le silence par une reformulation rassurante. Il s’arrête intérieurement, reconnaît cette impulsion comme son propre inconfort face au vide, et choisit au contraire de nommer le silence : « Je remarque que quelque chose vient de se passer. Prenons le temps d’y rester. » Le patient pleure pour la première fois depuis le début du suivi. Voir des exemples de situations thérapeutiques similaires peut aider à affiner ce type de décision en temps réel.
Questions de suivi pour votre journal ou supervision :
- Quelle émotion vous a poussé à vouloir intervenir rapidement ?
- Comment avez-vous reconnu que c’était votre inconfort et non un besoin du patient ?
- Qu’est-ce que ce moment vous apprend sur votre rapport au silence en séance ?
Vignette 2 : entretien réflexif après quatre séances avec une famille
Après quatre séances avec une famille en conflit intergénérationnel, la thérapeute organise un entretien réflexif semi-structuré avec son superviseur. Elle réalise qu’elle a systématiquement donné la parole à la mère en premier, reproduisant sans le vouloir une hiérarchie familiale qu’elle cherchait pourtant à questionner. Cette prise de conscience, rendue possible par l’entretien réflexif, renforce l’alliance thérapeutique lors des séances suivantes en redistribuant l’espace de parole de façon plus équitable.
Questions de suivi :
- Quel pattern de votre propre histoire familiale pourrait expliquer ce choix automatique ?
- Comment allez-vous modifier la structure de la prochaine séance à partir de cette observation ?
- Quelle hypothèse systémique ce biais vous invite-t-il à reformuler ?
Quels outils et lectures pour approfondir votre pratique réflexive ?
Grilles et modèles pratiques
- Grille d’analyse de pratique (format A4, entrées : situation, ressenti, hypothèse, action alternative) — disponible sur le site de l’Observatoire des formations professionnelles.
- Entretien semi-structuré selon le modèle de l’Université de Sherbrooke : quatre questions ouvertes organisées autour du cycle observation-analyse-action.
- Checklist de journal réflexif : date et contexte, observation de soi, émotion dominante, hypothèse clinique, intention pour la prochaine séance.
- Enregistrement audio de séances (avec consentement écrit) : outil puissant pour la réflexion-sur-l’action, à écouter avec une grille d’observation ciblée.
Conseil de pro : Un journal numérique (Notion, Day One ou un simple document partagé avec votre superviseur) facilite la recherche de patterns sur plusieurs semaines. L’outil importe moins que la régularité : trois entrées par semaine valent mieux qu’un bilan mensuel exhaustif.
Bibliographie sélective
| Auteur | Titre | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Donald A. Schön | Le praticien réflexif | Fondements théoriques de la réflexion-en/sur-l’action |
| Fabienne Kuenzli-Monard | Comment inviter la réflexivité en thérapie (2006) | Application clinique directe en psychothérapie |
| Karl Tomm et al. | L’interview réflexive (2020) | Questionnement réflexif comme intervention |
| Pierre Pastré | La didactique professionnelle (2011) | Analyse de l’activité et savoirs tacites |
| Pierre Vermesch | L’entretien d’explicitation | Technique d’accès aux savoirs implicites |
| Auberjonois et al. | Méthodes réflexives en psychothérapie systémique (2011) | Preuves d’efficacité et protocoles |
Comment se former à la réflexivité clinique en France ?
La réflexivité ne s’acquiert pas seul, ni en lisant uniquement. Elle se construit dans trois espaces complémentaires : la formation initiale, la formation continue, et la supervision.
La formation initiale pose les bases conceptuelles (Schön, Tomm, Vermesch) et introduit les premiers outils. La formation continue permet d’approfondir des modalités spécifiques — hypnose, EMDR, approche systémique — en intégrant la réflexivité comme fil conducteur de chaque apprentissage. La supervision, individuelle ou de groupe, est l’espace où la réflexivité devient réellement durable : la réflexivité nécessite souvent supervision pour s’ancrer chez le clinicien, car elle demande un soutien émotionnel que l’autoanalyse seule ne peut pas offrir.
Pour choisir un organisme de formation, vérifiez :
- La certification Qualiopi (obligatoire pour les organismes financés en France).
- La durée et le format : les formats hybrides (présentiel et distanciel) permettent une intégration progressive, comme l’analyse l’impact de la formation hybride sur le développement clinique.
- L’encadrement clinique : présence de superviseurs formés, modalités d’évaluation des compétences, retours individualisés.
- Le programme détaillé : la réflexivité doit apparaître comme objectif explicite, pas seulement comme intention pédagogique vague.
Depuis 2018, Resonantia-formations organise des formations certifiées Qualiopi en formats hybrides visant à intégrer la réflexivité clinique tout au long du parcours pédagogique. Les modules Praticien en hypnose thérapeutique (200 heures), Praticien en hypnose pour enfants et adolescents, et Praticien en EMDR-M incluent chacun des temps de supervision et d’analyse de pratique. L’intégration de la réflexivité dans la formation est cruciale pour construire l’identité professionnelle et l’éthique du soin chez les jeunes cliniciens, et c’est précisément ce que ces formats cherchent à soutenir.
Points clés
La démarche réflexive en thérapie transforme l’expérience clinique en savoir professionnel dès lors qu’elle s’appuie sur des outils structurés, une supervision régulière et une posture d’observation de soi délibérément cultivée.
| Point | Détails |
|---|---|
| Définition opérationnelle | La réflexivité combine réflexion-en-action (pendant la séance) et réflexion-sur-l’action (après coup, avec outils). |
| Trois bénéfices clés | Alliance thérapeutique, objectivation des savoirs tacites, construction d’une identité professionnelle éthique. |
| Outils indispensables | Journal réflexif, grille d’analyse de pratique, entretien semi-structuré, supervision individuelle ou de groupe. |
| Risque à éviter | Sans dispositifs structurés, la réflexion reste biaisée par des idéaux projetés et ne produit pas de savoir transférable. |
| Resonantia-formations | Propose depuis 2018 des formations hybrides certifiées Qualiopi (hypnose, EMDR-M) intégrant supervision et analyse de pratique. |
Ce que l’on sous-estime souvent dans la pratique réflexive
La réflexivité est souvent présentée comme une vertu professionnelle — quelque chose que tout bon thérapeute devrait naturellement posséder. Cette vision est à la fois juste et trompeuse. Juste, parce que la disposition à s’observer est effectivement une qualité fondamentale. Trompeuse, parce qu’elle laisse entendre que la réflexivité se développe spontanément, par simple bonne volonté.
Ce que la recherche et la pratique pédagogique montrent, c’est presque l’inverse. Les thérapeutes novices ont tendance à se retrancher derrière leur cadre théorique précisément quand la situation clinique les déstabilise — au moment même où la réflexivité serait la plus utile. La peur de mal faire, de blesser le patient, ou simplement de ne pas savoir, paralyse la pensée en action au lieu de l’enrichir. La supervision n’est pas un luxe pour les débutants : c’est le seul espace où l’on peut apprendre à tolérer ce doute sans le fuir.
L’autre piège, moins souvent nommé, est ce que j’appellerais la paralysie réflexive : le thérapeute qui s’observe tellement qu’il n’est plus vraiment présent à son patient. La réflexivité saine est intermittente, pas permanente. Elle s’exerce en amont et en aval de la séance ; pendant la séance, elle doit se fondre dans une présence fluide, presque invisible. Apprendre à doser ce regard intérieur est en soi un apprentissage clinique à part entière.
Resonantia-formations : des formations pour ancrer la réflexivité dans votre pratique
Comprendre la démarche réflexive est une chose. L’intégrer durablement dans votre pratique clinique en est une autre, et cela demande un cadre pédagogique solide, des superviseurs formés et des pairs avec qui élaborer.
Resonantia-formations accompagne les thérapeutes et futurs praticiens depuis 2018 dans cette intégration, à travers des formations hybrides certifiées Qualiopi qui placent la réflexivité au cœur de chaque module. Le Praticien en EMDR-M et le Praticien en hypnose thérapeutique incluent des temps d’analyse de pratique et de supervision clinique structurée, précisément parce que la technique seule ne suffit pas : c’est le regard que vous portez sur votre propre pratique qui fait la différence. La formation en hypnose pour enfants et adolescents suit la même logique, avec une attention particulière aux dynamiques familiales et aux enjeux contre-transférentiels spécifiques à ce public.
Pour explorer les programmes, les dates et les modalités d’accès, consultez le catalogue de formations ou prenez contact directement avec l’équipe pour un échange sur votre parcours.
Sources et lectures utiles
Références citées dans cet article
- Kuenzli-Monard, F. (2006). Comment inviter la réflexivité en thérapie : la pensée pratique du psychothérapeute. Lire l’article
- Auberjonois, M. et al. (2011). Les méthodes réflexives en psychothérapie systémique : entre recherche et clinique. Lire sur Cairn
- Tomm, K. et al. (2020). L’interview réflexive : regards de thérapeutes. Lire sur Cairn
- Université de Sherbrooke / Lenoir. Réfléchir dans et sur sa pratique, une nécessité indispensable. Télécharger l’outil
- Observatoire FP. F19 La démarche réflexive en enseignement. Télécharger la synthèse
- EM-consulte. La réflexivité, un processus de compréhension et de transformation clinique. Lire le résumé
Ressources pratiques francophones
| Ressource | Type | Accès |
|---|---|---|
| Analyse de pratique — site dédié | Modèles et articles | analysedepratique.org |
| Ministère de la Santé — pratiques réflexives | Guide institutionnel | sante.gouv.fr |
| Revue française de pédagogie — réflexivité | Articles universitaires | journals.openedition.org |
| Entretien d’explicitation (Vermesch) | Fiche Wikipedia | fr.wikipedia.org |
Pour la formation en France, privilégiez les textes francophones et les articles universitaires accessibles via Cairn, EM-consulte ou les revues de pédagogie clinique : ils reflètent les pratiques et les cadres réglementaires du contexte français, ce que les sources anglophones ne font pas toujours.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la réflexivité en psychologie ?
La réflexivité est la capacité à se prendre soi-même comme objet d’observation et d’analyse. En psychologie clinique, elle désigne la faculté du thérapeute à examiner ses propres réactions, représentations et biais pour en faire un levier de compréhension et d’ajustement de sa pratique.
Quels sont les trois avantages de l’analyse réflexive pour un thérapeute ?
La littérature francophone identifie trois bénéfices principaux : une meilleure prise de conscience des impacts de sa pratique, l’objectivation de savoirs tacites jusque-là implicites, et le développement d’une identité professionnelle éthique et cohérente.
Quelle est la différence entre réflexion-en-action et réflexion-sur-l’action ?
La réflexion-en-action se produit pendant la séance et permet un ajustement immédiat ; la réflexion-sur-l’action est une analyse rétrospective, exercée après coup à l’aide de grilles ou d’entretiens, qui produit des savoirs formalisés et transférables. Donald A. Schön a théorisé cette distinction dans Le praticien réflexif.
Quels types de questions stimulent la réflexion en pratique réflexive ?
Karl Tomm distingue six types de questions : informatives, descriptives, réflexives, métacognitives, affectives et conceptuelles. Ces questions ne collectent pas seulement de l’information : elles modifient la perception du thérapeute et constituent en elles-mêmes une intervention clinique.
La supervision est-elle indispensable pour développer la réflexivité ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La réflexivité durable nécessite un espace de soutien émotionnel où l’erreur est autorisée, ce que l’autoanalyse seule ne peut pas offrir. La supervision de thérapeutes est le dispositif le plus efficace pour ancrer une pratique réflexive régulière et éviter les biais de la réflexion solitaire.

